Auto-entrepreneur ou société (SASU / EURL) : que choisir en 2026 ?

Dernière mise à jour : 23 juillet 2026 — taux et seuils vérifiés sur service-public.fr et impots.gouv.fr.

En résumé : tant que votre chiffre d'affaires reste sous le plafond micro (77 700 € en services, 188 700 € en vente) et que vos frais professionnels sont faibles, la micro-entreprise vous laisse presque toujours plus d'argent en poche qu'une SASU ou une EURL. La société devient intéressante quand l'un de ces trois déclencheurs tombe : vos frais réels deviennent lourds (la micro ne les déduit pas), vous dépassez le plafond, ou vous voulez une meilleure retraite et prévoyance. Le comparateur ci-dessous chiffre les trois statuts pour votre situation.

€ / an
€ / an

Matériel, logiciels, sous-traitance, local, déplacements… Déductibles en société, pas en micro. C'est souvent ce chiffre qui fait pencher la balance.

Estimation d'ordre de grandeur, avant impôt sur le revenu, à rémunération intégrale (0 dividende). Elle sert à situer les statuts entre eux, pas à produire un net au centime. Coefficients de cotisations et sources détaillés plus bas.

Vous penchez pour la société ?

SASU ou EURL, la création se fait en ligne. Faites rédiger vos statuts et immatriculer votre société sans vous perdre dans la paperasse.

Pourquoi la micro laisse (presque toujours) plus en poche

C'est le point que la moitié des comparatifs oublie de dire franchement : sur la trésorerie immédiate, la micro-entreprise est difficile à battre. En micro, vos cotisations sont un simple pourcentage du chiffre d'affaires encaissé — 12,3 % en vente, 21,2 % en services, 25,6 % en libéral. Une société qui vous verse une rémunération, elle, paie des cotisations bien plus lourdes : de l'ordre de 45 % du net en EURL (gérant TNS), 82 % du net en SASU (président assimilé salarié).

Prenons un consultant en services à 55 000 € de CA, avec 5 000 € de frais dans l'année. Voici ce qu'il garde, avant impôt sur le revenu :

CA 55 000 €, 5 000 € de frais, services (21,2 %). Rémunération intégrale, avant IR. Ordre de grandeur.
StatutCotisationsReste en poche (avant IR)
Micro-entreprise~11 660 €~38 300 €
EURL (gérant TNS)~15 500 €~34 500 €
SASU (président assimilé)~22 500 €~27 500 €

Presque 11 000 € d'écart entre la micro et la SASU, pour le même travail. Et l'écart se creuse encore à l'impôt : en micro, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire (50 % en services, 34 % en libéral, 71 % en vente) avant le barème, là où votre rémunération de dirigeant est imposée presque entièrement. Donc non : passer en société « pour payer moins » est le plus souvent une fausse bonne idée tant que vous débutez.

Ce que ce calcul ne montre pas Il compare de l'argent liquide. Il ne valorise pas la retraite, les indemnités journalières ni la prévoyance que la SASU achète avec ses cotisations plus élevées. C'est justement la vraie raison de choisir la société « au-delà du net » — on y vient plus bas.

Et quand on a dépassé le plafond ? L'exemple de Camille

Camille développe des sites en freelance. Elle a démarré à 38 000 € de CA — micro-entreprise sans hésiter, elle gardait le maximum. Trois ans plus tard, elle facture 110 000 € avec 8 000 € de frais (matériel, licences, coworking). La micro n'est plus une option : elle a franchi les 77 700 € deux années de suite. Sa question a changé : ce n'est plus « micro ou société », c'est « EURL ou SASU ».

CA 110 000 €, 8 000 € de frais, services. Rémunération intégrale, avant IR. Micro exclue (plafond dépassé). Ordre de grandeur.
StatutCotisationsReste en poche (avant IR)
EURL (gérant TNS)~31 700 €~70 300 €
SASU (président assimilé)~46 000 €~56 000 €

À rémunération intégrale, l'EURL laisse ici à Camille ~14 300 € de plus par an que la SASU. C'est le prix d'une couverture de cadre. Si sa retraite complémentaire et ses indemnités maladie pèsent plus lourd que ces 14 300 € à ses yeux, la SASU se défend. Sinon, l'EURL gagne. Et si elle compte laisser une partie du bénéfice dans la société pour se la verser en dividendes, la SASU repasse devant — c'est là qu'un comptable tranche pour de vrai. Reprenez le comparateur en haut avec vos propres chiffres : passez le CA au-dessus du plafond et il bascule sur cet arbitrage EURL/SASU.

Les trois déclencheurs qui font basculer vers la société

Plutôt qu'un « ça dépend » fourre-tout, voici les trois moments concrets où la société reprend l'avantage. Il suffit d'un seul.

1. Vos frais professionnels deviennent lourds

C'est le déclencheur le plus silencieux. En micro, vos charges réelles (matériel, sous-traitance, local, logiciels) ne se déduisent pas : vous cotisez et vous êtes imposé sur le CA, frais ou pas frais. En société, ces frais sortent du bénéfice avant tout calcul. Reprenez notre consultant à 55 000 € : tant que ses frais restent sous ~17 400 € par an (soit environ 31 % de son CA), la micro gagne. Au-delà, l'EURL repasse devant. Le comparateur en haut de page calcule ce seuil pour votre CA : montez les frais et regardez le verdict changer.

2. Vous dépassez le plafond micro

Au-dessus de 77 700 € en services (ou 188 700 € en vente) deux années de suite, la micro-entreprise n'est tout simplement plus possible. La question n'est alors plus « si » mais « quand et vers quoi ». Notre simulateur de charges vous date le mois où vous franchissez ce plafond à votre rythme actuel : c'est le meilleur signal d'alerte pour anticiper la création de votre société sans la faire dans l'urgence.

3. Vous voulez une vraie protection sociale

La micro cotise peu, donc elle protège peu. Un revenu déclaré faible = des trimestres de retraite mal validés et des indemnités journalières calculées sur trois fois rien. Si vous vivez de votre activité à temps plein, la SASU — malgré ses cotisations élevées — vous construit une retraite complémentaire et une couverture proche de celle d'un cadre. On chiffre ça juste après.

Protection sociale : ce que chaque statut vous achète vraiment

C'est la dimension que les simulateurs de « net » passent sous silence, alors qu'elle vaut souvent plus que l'écart de trésorerie. Trois régimes, trois niveaux de couverture :

CouvertureMicro / EURL (TNS)SASU (assimilé salarié)
Retraite de base + complémentaireRégime des indépendants (SSI). Complémentaire plus faible ; en micro, un CA modeste valide mal les trimestres.Régime général + Agirc-Arrco : meilleure retraite complémentaire, comme un cadre.
Indemnités journalières maladieOui, mais plafonnées et calculées sur le revenu cotisé : faibles si vous déclarez peu. Délai de carence.IJ du régime général, généralement plus élevées à revenu équivalent.
Invalidité · décès · prévoyanceCouverture de base SSI, souvent à compléter par une prévoyance privée (loi Madelin).Couverture salariée plus complète ; prévoyance cadre selon la convention.
Chômage (ARE)Aucun droit ouvert par l'activité. Cumul possible avec des droits antérieurs.Aucun droit ouvert (l'assimilé salarié ne cotise pas au chômage). Cumul possible avec des droits antérieurs.
CoûtLe moins cher (micro), intermédiaire (EURL ~45 % du net).Le plus cher (~82 % du net), en échange de la meilleure couverture.

La grille de lecture tient en une phrase : TNS = plus de net, moins de filet ; assimilé salarié = moins de net, plus de filet. Si vous démarrez en complément de revenus ou que vous avez déjà une couverture (salarié par ailleurs, conjoint), la micro suffit largement. Si votre activité est votre seul revenu à temps plein, l'arbitrage protection contre net mérite vraiment d'être posé.

Détails officiels : secu-independants.fr (régime TNS) et ameli.fr (régime général). Comparaison des régimes : Bpifrance Création — comparaison EURL/SASU.

Le coût réel : création, comptable, CFE

Le net n'est pas tout : une société coûte de l'argent à créer et à tenir, là où la micro est quasi gratuite. À intégrer dans votre décision.

Micro-entrepriseSASU / EURL
Création0 € (déclaration en ligne)Frais officiels de l'ordre de 200 à 300 € seul : annonce légale (forfait ~120-200 €), greffe (~37 €), bénéficiaires effectifs.
ComptabilitéAucune obligation de bilan. Un livre de recettes suffit.Bilan annuel : expert-comptable souvent 1 000 à 2 000 €/an (ordre de grandeur).
Compte bancaireCompte dédié conseillé dès 10 000 € de CA deux ans de suite.Compte pro obligatoire (dépôt du capital à la création).
CFEDue par les deux dès la 2e année (exonération la 1re), montant variable selon la commune.

Concrètement, une SASU ou une EURL vous coûte facilement 1 000 à 2 500 € de plus par an en gestion. Ce surcoût se justifie quand il est effacé par la déduction des frais, l'économie d'impôt via les dividendes à haut revenu, ou la protection sociale — pas en dessous. Notre page compte bancaire détaille l'obligation et les options.

Le point de bascule : quand la société reprend l'avantage

À rémunération intégrale, notre comparateur montre presque toujours la micro devant. Mais une société ne se pilote pas comme ça : le vrai levier, c'est l'arbitrage salaire / dividende. Au lieu de tout prendre en rémunération (chargée à 45 ou 82 %), le dirigeant peut laisser une partie du bénéfice dans la société et se la verser en dividendes.

Ces dividendes sont d'abord taxés à l'impôt sur les sociétés — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà — puis à la flat tax de 30 % (le PFU : 12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux). En SASU, ce couple IS + flat tax revient souvent moins cher que 82 % de cotisations sur un salaire — d'où l'intérêt croissant de la société à mesure que le revenu monte. Attention : en EURL, la part de dividendes qui dépasse 10 % du capital est réintégrée dans les cotisations TNS, ce qui limite l'astuce.

Ce que le comparateur ne fait pas Il calcule à rémunération intégrale, donc sans optimisation dividendes. C'est volontaire : l'arbitrage optimal dépend de vos autres revenus, de votre besoin de trésorerie et de vos droits à la retraite — c'est exactement le moment où un expert-comptable gagne son honoraire. Le comparateur vous dit si la question mérite d'être posée ; il ne remplace pas ce rendez-vous.

Tableau récapitulatif : micro, EURL, SASU (et les autres)

StatutRégime socialImpôtPlafond CAIdéal si…
Micro-entreprise TNS, cotisations sur le CA (12,3 à 25,6 %) IR (abattement forfaitaire) ou versement libératoire 77 700 / 188 700 € Vous débutez, peu de frais, activité simple ou en complément
EI au réel TNS, cotisations sur le bénéfice réel IR sur le bénéfice (frais déductibles) Aucun Vous dépassez le plafond mais voulez rester en entreprise individuelle
EURL (à l'IS) TNS, cotisations ~45 % du net IS 15 % / 25 %, dividendes au PFU Aucun Vous voulez déduire vos frais, garder du net, couverture légère acceptée
SASU (à l'IS) Assimilé salarié, cotisations ~82 % du net IS 15 % / 25 %, dividendes au PFU Aucun Vous voulez la meilleure protection, lever des fonds ou faire entrer des associés

Deux options existent au-delà de ce tableau, pour des cas précis : le portage salarial (vous facturez via une société qui vous salarie : zéro paperasse, mais ~50 % de frais de gestion + cotisations) et la holding (utile pour piloter plusieurs sociétés ou capitaliser des dividendes, hors sujet pour un premier projet solo). Si vous hésitez juste entre EURL et SASU, retenez : EURL pour maximiser le net, SASU pour la couverture et la souplesse d'ouvrir le capital.

Le vocabulaire en clair

TNS

Travailleur non salarié. C'est le statut social de l'auto-entrepreneur et du gérant d'EURL : cotisations plus légères, protection plus légère. Rattaché à la Sécurité sociale des indépendants (SSI).

Assimilé salarié

Statut social du président de SASU. Il a un bulletin de paie et cotise au régime général (hors chômage). Meilleure retraite et prévoyance, cotisations plus élevées.

IS

Impôt sur les sociétés. La société est taxée sur son bénéfice : 15 % jusqu'à 42 500 € (sous conditions), 25 % au-delà. La micro, elle, n'est pas à l'IS.

Flat tax (PFU)

Prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur les dividendes : 12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux. C'est le coût de sortie des dividendes d'une société à l'IS.

Abattement forfaitaire

En micro, l'administration retire un pourcentage de votre CA (71 % vente, 50 % services, 34 % libéral) avant l'impôt, censé représenter vos frais. Vous ne déduisez donc pas vos frais réels.

Dividendes

La part du bénéfice qu'une société verse à son associé après IS. Ils ne portent pas de cotisations sociales en SASU (d'où l'intérêt), mais oui en EURL au-delà de 10 % du capital.

Points de vigilance et méthode de calcul

Ce comparateur est un outil de débroussaillage honnête, pas un logiciel de paie. Voici exactement ce qu'il fait et ce qu'il laisse de côté :

Sources vérifiées le 23 juillet 2026 : cotisations micro et TNS sur autoentrepreneur.urssaf.fr et secu-independants.fr ; taux d'IS 15 % / 25 % et seuil de 42 500 € sur impots.gouv.fr ; PFU 30 % et statuts sur service-public.fr (F23575). Les coefficients de cotisations (~45 % TNS, ~82 % assimilé) sont des ordres de grandeur couramment retenus, à affiner avec un professionnel.

Questions fréquentes

Auto-entrepreneur ou société : quand faut-il passer en société ?

Quand l'un des trois seuils tombe : votre CA dépasse le plafond micro (77 700 € en services, 188 700 € en vente), vos frais déductibles dépassent l'abattement forfaitaire (souvent au-delà de 20 à 30 % du CA), ou vous voulez une meilleure retraite et prévoyance. En dessous, la micro reste presque toujours la plus rentable en trésorerie immédiate.

EURL ou SASU : laquelle laisse le plus de net ?

L'EURL, en général. Le gérant est TNS : ses cotisations tournent autour de 45 % de sa rémunération nette, contre ~82 % pour le président de SASU (assimilé salarié). En échange, la SASU offre une meilleure retraite complémentaire et de meilleures indemnités journalières. Plus de net d'un côté, plus de couverture de l'autre.

Peut-on cumuler le chômage (ARE) avec une société ?

Oui, sous conditions. Un président de SASU ou un gérant d'EURL qui ne se verse aucune rémunération peut, en règle générale, continuer à toucher l'ARE, ou opter pour l'ARCE (un capital égal à 60 % du reliquat des droits). En micro aussi, l'ARE se cumule partiellement avec le CA. Faites valider votre cas par France Travail avant de vous lancer.

La société permet-elle vraiment de payer moins de charges ?

Pas à rémunération équivalente : les cotisations d'une société sont plus lourdes que celles de la micro. L'économie vient d'ailleurs : déduction des frais réels, et surtout arbitrage salaire/dividende (IS 15 % puis flat tax 30 % au lieu de cotisations pleines). Cet avantage grandit avec le revenu et se chiffre au cas par cas avec un comptable.

Faut-il un expert-comptable en SASU ou EURL ?

Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est vivement conseillé : une société à l'IS doit établir des comptes annuels, une liasse fiscale et gérer la paie du dirigeant. Comptez souvent 1 000 à 2 000 € par an. En micro, aucune de ces obligations : un simple livre de recettes suffit.

Prêt à décider ?

Restez en micro-entreprise ou franchissez le pas vers la société : dans les deux cas, la création se fait en ligne en quelques minutes.

Pour aller plus loin

🧮

Simulateur de charges

Votre net en micro et le mois où vous franchissez le plafond.

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Plafonds de CA

Jusqu'où pouvez-vous rester en micro-entreprise ?

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Fiscalité et impôts

Versement libératoire ou barème : que choisir ?